Cathédrale d'Arequipa illuminée la nuit sous un ciel violet

Histoire & Culture d'Arequipa

Cinq siècles de sillar, des traditions vivantes et une identité culturelle sans pareil dans tout le Pérou.

Arequipa n'est pas Lima en miniature. C'est une république culturelle avec son propre dialecte, sa propre cuisine, ses propres fêtes et sa propre fierté — forgée au fil de cinq siècles sur la pierre volcanique blanche.

Arequipa et son identité

Fondée

15 août 1540

Patrimoine UNESCO

An 2000

Surnom

La Ville Blanche

Altitude

2,335 m.s.n.m.

Arequipa a été fondée le 15 août 1540 par Garcí Manuel de Carbajal, l'un des premiers conquistadors espagnols dans les Andes. Ce qui distingue la ville n'est pas seulement son ancienneté, mais le matériau avec lequel elle a été construite : le sillar, une pierre volcanique blanche extraite des flancs des volcans qui l'entourent — le Misti, le Chachani et le Pichu Pichu. Ce sillar blanc poreux, facile à tailler et résistant à la chaleur, a valu à Arequipa son surnom de Ville Blanche et un caractère architectural unique en Amérique latine. Le centre historique, classé au Patrimoine mondial de l'UNESCO en 2000, concentre plus de 400 ans de construction continue en sillar : églises baroques, couvents coloniaux, demeures de familles illustres et arcades bordant la Plaza de Armas.

5 Siècles d'Histoire Vivante

Avant l'arrivée des Espagnols, la vallée d'Arequipa était habitée par les Collagua, un peuple andin qui développa une culture agricole en terrasses sur les pentes du Colca. Le nom « Arequipa » dérive probablement du quechua « Ari-quepay » — « oui, reste ici » —, phrase que l'Inca Mayta Cápac aurait prononcée quand ses soldats ne voulaient pas quitter la fertile vallée. La conquête espagnole apporta l'architecture en sillar, l'évangélisation et la reconfiguration de l'espace urbain. La ville se développa autour de la Plaza de Armas, avec la cathédrale au nord, le cabildo au sud et les couvents répartis dans le tissu colonial. Arequipa a subi des séismes dévastateurs — en 1582, 1600 (avec l'éruption du Huaynaputina, la plus grande éruption volcanique de l'histoire de l'Amérique du Sud), 1868 et 2001 — et a été chaque fois reconstruite en sillar, renforçant à chaque fois l'identité visuelle de la ville.

Culture et Identité Arequipénienne

La « république indépendante d'Arequipa »

Cette phrase n'est pas une blague touristique. Elle reflète un sentiment réel : Arequipa a son propre dialecte (l'arequipeñismo comprend des mots et des constructions que l'on ne trouve nulle part ailleurs au Pérou), sa propre cuisine, sa propre musique (le yaraví, le rythme le plus mélancolique des Andes) et une méfiance historique envers Lima qui remonte aux siècles coloniaux. Appeler quelqu'un « arequipeño/a » est un titre d'honneur que ses porteurs défendent avec une fierté sincère.

L'identité arequipénienne s'est construite en opposition à Lima dès les premiers siècles coloniaux. Arequipa était une ville riche, cultivée et distante — plus étroitement liée à Potosí et au commerce de l'Altiplano qu'à la capitale vice-royale de la côte. Cette distance géographique et économique a engendré une culture d'autosuffisance qui persiste. Les Arequipéniens parlent de leur ville avec un amour qui frise la mythologie : le sillar, le Misti, l'adobo du dimanche, le queso helado, le mirador de Yanahuara. Ce ne sont pas des éléments folkloriques pour la consommation touristique — ce sont les piliers d'une identité transmise de génération en génération qui différencie Arequipa du reste du Pérou d'une manière qu'aucune autre ville péruvienne ne peut revendiquer.